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Dans cet égarement, il nous demande une épée, s'élance contre les portes, fait sauter les battants de leurs gonds, et. s'avance dans l'appartement. Là nous voyons Jocaste, encore suspendue, au lien fatal qui a terminé ses jours. A cette vue, l'infortune rugit comme un lion, et détache le lien funeste ; mais quand le corps de la, malheureuse fut gisant à terre, alors on vit un affreux spectacle : arrachant les agrafes d'or de la robe, qui couvrait Jocaste, Oedipe en frappe ses yeux, parce que, disait-il, ils n'avaient vu ni ses malheurs ni ses crimes, et que désormais dans les ténèbres ils ne verraient plus ceux qu'il ne devait point voir, ils ne reconnaîtraient plus ceux qu'il lui serait doux de reconnaître.
En parlant ainsi, il frappe et déchire à plusieurs reprises ses paupières ; en même temps ses yeux ensanglantés arrosaient son visage, et ce n'étaient pas seulement des gouttes qui s'en échappaient, mais c'était une pluie noire et comme une grêle de sang.
Tels sont les maux communs à l'un et à l'autre : heureux autrefois, ils jouissaient d'un bonheur mérité, niais aujourd'hui les gémissements, le désespoir, l'opprobre et la mort, aucune espèce de malheur n'y manque. » ,(Sophocle.)
Les fils d'Oedipe, Etéocle et Polynice, au lieu de venir en aide à leur malheureux père, n'eurent d'autre préoccupation que de s'emparer du trône, et le vieillard, aveugle et sans ressource, fut obligé de chercher un asile sur une terre étrangère, en compagnie de ses filles qui ne voulurent pas l'abandonner.
Oedipe et Antigone - Oedipe quitta donc le pays que sa présence souillait et où il n'était plus qu'un objet d'opprobre. Sa fille Antigone devint alors son unique appui, et son nom est resté comme le type de l'amour filial. C'est elle qui, guidant les pas de son père aveugle, implorait des passants la charité pour celui qui avait été un roi puissant et honoré : « Étranger compatissant, disait-elle, si tu ne veux pas entendre de mon vieux père le récit de ses crimes involontaires, je te conjure de prendre en pitié mon infortune, moi qui t'implore pour mon père, moi qui te supplie en attachant sur tes yeux mes yeux, et demande compassion pour ce malheureux. Je t'implore par ce que tu as de plus cher, ton enfant, ta promesse, le Dieu que tu adores.» (Sophocle.)
Le malheureux Oedipe trouvait, dans l'admiration que lui inspiraient les vertus de sa fille, une sorte d'adoucissement à ses maux. « Ma fille, disait-il, depuis qu'elle est sortie de l'enfance et que son corps a pris des forces, toujours errante et malheureuse avec moi, a accompagné ma vieillesse, supporté la faim, marché nu pieds à travers les ronces des forêts et, bravant les pluies ou les feux du soleil, méprisé toutes les jouissances de Thèbes, pour soutenir l'existence d'un père. » (Sophocle.)
Tandis qu'Oedipe, réfugié dans l'Attique, cherchait un asile auprès de Thésée, ses deux fils luttaient à Thèbes pour la possession du trône, auquel ils prétendaient tous les deux. lls convinrent pourtant qu'ils régneraient et se succéderaient alternativement d'une année sur l'autre. Mais Etéocle, qui fut roi le premier, refusa ensuite de laisser rentrer son frère Polynice, qui se réfugia à Argos, où il chercha à lever une armée pour marcher sur Thèbes.
On se décida à consulter l'oracle. Il répondit que le roi ne serait pas assuré du trône tant que le vieil Oedipe ne serait pas rentré dans sa patrie. Les deux frères alors cherchèrent à ramener Oedipe, qui répondit en lançant contre eux ses imprécations « Des fils qui auraient pu secourir un père, refusèrent de lui prêter assistance, et faute d'une parole de leur part, j'ai été abandonné à l'exil et à l'indigence : Mes filles,autant que la faiblesse de leur sexe le leur permet, me donnent des aliments, un asile et tous les soins de la piété filiale; eux, au contraire, au salut d'un père ont préféré le trône et le souverain pouvoir. Aussi ils n'obtiendront jamais mon assistance, jamais ils ne posséderont la paisible jouissance du royaume de Cadmnus. Non, que les dieux n'éteignent jamais leurs fatales discordes ! Que celui qui, possède aujourd'hui le sceptre en soit privé lui-même, et que l'exile ne rentre plus dans les murs dont il est banni! Eux qui ont vu leur père indignement chassé de sa patrie.sans le retenir et sans le défendre ! » (Sophocle.) Oedipe mourut en Attique après avoir prononcé sa malédiction contre ses fils. Pausanias dit que son tombeau était près d'Athènes dans l'enceinte consacrée aux Euménides.