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  • La Conquête de la Toison d'or


Phinée et les Harpies - Les Argonautes, avançant toujours sans accident par. l'adresse de Tiphys, l'habile pilote, arrivèrent. bien-tôt vis-à-vis des côtes de la Bithynie. Un fils d'Agénor, Phinée, avait sa demeure sur le rivage. Apollon lui avait accordé depuis longtemps le don de prévoir l'avenir; faveur dangereuse qui devint la source de tous ses malheurs. Sans respect pour le maître des dieux, il découvrait hardiment aux mortels ses décrets sacrés. Jupiter irrité le condamna à une éternelle vieillesse, priva ses yeux de la douce lumière du jour, et voulut qu'il ne prît jamais se rassasier d'aucun mets. En vain, ceux qui venaient consulter ses oracles lui apportaient sans cesse de nouveaux aliments; les harpies, fondant tout à coup du haut des cieux, les lui arrachaient de la bouche et des mains. Quelquefois, pour prolonger ses. tourments en soutenant sa misérable vie, elles lui abandonnaient de légers restes, sur lesquels elles répandaient une odeur si infecte que personne n'aurait eu le courage non seulement de s'en nourrir, mais môme d'en supporter de loin la puanteur.
Phinée n'eut pas plutôt entendu la voix des Argonautes et le bruit de leur débarquement qu'il comprit aussitôt qu'ils étaient les étrangers dont l'arrivée, suivant les décrets de Jupiter, devaient mettre fin au plus cruel de ses maux. Semblable à un fantôme, il sort de son lit, et, s'appuyant sur un bâton, il traîne en tâtonnant le long des murs ses pieds chancelants. Tous ses membres, épuisés par la faim et la vieillesse, tremblent à chaque pas. Son corps est sale et hideux. Une peau desséchée recouvre à peine ses os. Il arrive au seuil de sa porte et s'y assied accablé de lassitude.
Les Argonautes, touchés de compassion, se tiennent derrière le vieillard, et, quand les Harpies arrivent, les chassent avec leurs épées. Elles seraient revenues un peu plus tard, si Zéthès et Calaïs, fils de Borée et pourvus d'ailes comme leur père, ne les eussent poursuivies à travers l'espace et obligées à fuir dans des contrées lointaines.

Phinée, qui était devin, voulant remercier les Argonautes du secours qu'il en avait reçu, leur parla en ces termes : « Ecoutez, mes amis, ce qu'il m'est permis de vous apprendre; car Jupiter, dont j'ai déjà trop mérité le courroux par mon imprudence, me défend de vous révéler entièrement tout ce qui doit vous arriver. En quittant ce rivage, vous verrez à l'extrémité du détroit deux rochers que jusqu'ici nul mortel n'a pu franchir. lls sont mobiles, et se réunissent souvent pour n'en former qu'un seul. L'onde agitée s'élève alors en bouillonnant au-dessus de leurs cimes, et le rivage retentit au loin du bruit de leur choc. Avant de tenter le passage, vous lâcherez dans les airs une colombe; si elle traverse heureusement, faites force de rames, sans différer un instant, car votre salut dépendra de la vigueur de votre bras. Si la colombe périt au milieu du détroit, retournez en arrière; céder aux Dieux, c'est le parti le plus sage.

Les roches Cyanées - Prévenus par Phinée, les Argonautes embarquèrent avec eux une colombe. Parvenus au détroit tortueux bordé d'écueils menaçants, les navigateurs s'avançaient en tremblant au milieu du courant qui les repoussait sans cesse, et chacun, excité'par Tiphys, ramait avec ardeur. Après avoir franchi le dernier détour, ils aperçurent ce qu'aucun mortel ne devait voir après eux. Les roches Cyanées s'ouvrirent et demeurèrent écartées l'une de l'autre. A ce spectacle, la frayeur redouble ; Euphémus lâche la colombe ; chacun lève la tête et la suit des yeux. Tout à coup les roches se rapprochent et se joignent avec un bruit épouvantable; l'onde jaillit au loin, l'air frémit, la mer se précipite en mugissant dans le creux des rochers, le rivage est couvert d'écume, et le vaisseau tourne plusieurs fois sur lui-même. Cependant la colombe échappe au péril, ayant seulement perdu, par la rencontre des rochers, l'extrémité de sa queue.

Les Argonautes poussèrent des cris de joie. Tiphys les excita de plus en plus à faire force de rames, afin de passer rapidement entre les roches qui s'ouvraient de nouveau. Chacun obéit en tremblant, lorsque tout à coup les flots qui viennent se briser contre le rivage les poussèrent en refluant au milieu du passage fatal, et l'idée de mort, suspendue sur leurs têtes, glaça entièrement leurs coeurs d'effroi.

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Mise à jour effectuée le 03/09/2009